Une délégation du PCF68 a rencontré Monsieur le Préfet du Haut Rhin, M. Laugier, le vendredi 13 novembre. A l’ordre du jour figuraient 3 points importants :
1) la situation sanitaire, économique et sociale.
2) Quelles solutions à mettre en œuvre face à la crise.
3) Des sujets d’actualités : Risques industriels et implantation d’Amazon à Ensisheim.
1) Sur la situation sanitaire, économique et sociale
Les représentants du Pcf ont mis l’accent sur les réalités de la crise multiforme qui frappe le département : Crise structurelle de l’hôpital public fragilisé par des années d’austérité, les suppressions de lits et de personnels que le « Ségur » de la santé est loin de compenser. Crise de la médecine de ville et désertification médicale rampante viennent s’y ajouter pour rendre plus difficile l’accès à des soins de qualité. Le développement de la pandémie, première et deuxième vagues, les inégalités devant la mort qu’elle révèle invite à sortir du modèle de la santé « marchandise » afin de donner à tous le droit à la santé. Sur le plan économique et social, notre département subit de plein fouet la crise. Le recul de l’activité plus marqué qu’à l’échelle régionale et nationale se traduit par une explosion du chômage et de la précarité. Dans le territoire mulhousien par exemple il y a eu en 6 mois 4300 suppressions d’emplois ! Au sein d’une population comptant plus de 30% de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, le choc est brutal sans que pour l’heure des solutions efficaces aient été installées. Avec le confinement, la crise vient également mettre en péril tous les commerces de proximité, la culture et toute la vie sociale et démocratique mais profite aux GAFA, à Amazon qui se gavent, le Préfet sans démentir nos observations factuelles et en soulignant tous les aspects de la crise prends note. Nous aussi avons abordé la confiscation des libertés publiques et des droits fondamentaux de chacun, dans le pays.
2) Sur les solutions, nous avons porté d’abord l’exigence de la protection sanitaire de la population notamment en proposant 3 priorités :
a) Un plan d’urgence pour nos hôpitaux public pour recruter plus et mieux, pour sortir de la logique de marché et rendre à tous le droit à la santé. Notre département doit bénéficier de la solidarité nationale et une partie de l’argent du plan de relance doit servir au développement du service public hospitalier.
b) Construire une médecine de proximité par le retour à des hôpitaux de proximité et la mise en place dans les quartiers prioritaires de centres de santé publique (municipal, départemental ou d’agglomération).
c) Masques gratuits pour tous et dépistage systématique, protocole digne de ce nom dans le service public d’éducation avec des ½ groupes de la maternelle au lycée et dans les entreprises. Face à nos demandes le Préfet est resté dans son rôle d’écoute, sans défendre le point de vue du gouvernement et en soulignant tout le respect qu’il portait au personnel hospitalier ; il transmettra.
Sur le plan économique et social nous avons porté 2 exigences fortes :
a) La mise en place d’une commission départementale de contrôle de l’utilisation de l’argent public du plan de relance, associant les représentants de l’état, les élus, les syndicats et les associations. Un contrôle soumis à des critères sociaux, pas d’argent public pour les entreprises qui licencient, et environnementaux, pas d’argent public pour les pollueurs ! Nous avons demandé aussi ce qui reviendrait en crédits dans le département. Sur ces deux aspects le Préfet a souligné qu’il comprenait notre souci de transparence mais qu’une commission lui semblait « trop lourde », cependant il a convenu qu’il était nécessaire de donner toutes les informations, en particulier aux élus. Sur le montant des crédits, il a avoué qu’il n’en savait rien pour l’heure et que cela dépendrait des retours de projets présentés par les collectivités….
b) La mise en place d’un bouclier social, pour faire face à la crise : augmentation sensible du RSA et élargissement aux jeunes de 18 à 25 ans qui n’en bénéficient pas aujourd’hui. Abrogation de la réforme du chômage. Financement par la mise en place d’un impôt « covid » reposant sur les dividendes versés aux actionnaires des grands groupes. Sur ce sujet aussi nous avons exigé qu’une partie de l’argent du plan de relance serve à protéger la population, notamment la plus fragile. Le préfet a enregistré sans plus.
3) Enfin sur la question des risques industriels et la possible implantion d’Amazon à Ensisheim il est resté dans le « wait and see » (attend et regarde) sans prendre d’engagements fermes ni dans un sens ni dans un autre.
L’entretien, une heure durant, s’est déroulé dans une atmosphère cordiale mais sans qu’aucune décision de progrès ne soit prise. Une manière de rappeler à tous qu’il faudra se mobiliser à toutes les échelles si nous voulons sortir de la crise par une relance du progrès social, écologique et démocratique.
La délégation du PCF68 était la suivante : Nadia Peter Conseillère Municipale de Pfastatt, Joseph Simeoni Conseiller Municipal de Mulhouse, Conseiller Communautaire de M2A, Jean-Claude Pelka, Damien Allain, infirmier, membres de la direction départementale du PCF68 et Maurice Cialdella, pour la section de Colmar.